CHAPITRE X

où Jean Martin utilise sa dernière pièce d'or

Ils entament leur dernière étape d'un pas décidé, longeant le gardon qui serpente vers Beaucaire. Le chant des cigales les accompagne tout au long du chemin. La garrigue parsemée de broussailles et où des roches presque grises ou rouges sont à fleur du sol, s'étend à perte de vue sur des collines pierreuses. Des odeurs de sauge, de thym, de romarin et de lavande sauvage emplissent l'air.

Les coquelicots, les violettes, les bourraches et les bouillons blancs font des tâches de couleur comme sur la palette d'un peintre. Le soleil darde ses chauds rayons et brille de toute sa splendeur en cette chaude journée de Juillet. Tout à coup, un silence pesant intrigue Jean. Les cigales se sont tues. On n'entend plus que les sabots de Nanon qui martèlent le sol d'un pas cadencé. Les fourrés s'agitent. Des brigands surgissent des buissons encerclant nos compagnons.